Pourquoi Khamenei aurait-il refusé de se cacher malgré les menaces? Ce texte déplace la question du terrain sécuritaire vers une interrogation existentielle: comment comprendre la conduite d'un homme qui habite l'idée de martyre plus qu'il ne calcule sa survie?
Certains milieux sunnites ouvrent très largement la porte de l’interprétation bienveillante lorsqu’il s’agit des guerres entre Compagnons, mais la ferment brutalement face au conflit syrien. Ce texte interroge cette incohérence méthodologique et ses conséquences politiques.
À partir d'une expérience concrète de formation au sein de l'aéroport de Montréal et du développement d'outils de recherche comme ScholarQuran, ce texte propose une redéfinition de l'authenticité à l'ère de l'intelligence artificielle: elle ne se mesure plus seulement à celui qui écrit les mots, mais à celui qui conduit le savoir et assume les affirmations.
Cet article renverse la définition moderne de la liberté : la vraie liberté n'est pas dans la satisfaction immédiate du désir, mais dans la capacité à s'en abstenir. Le jeûne devient ainsi un entraînement annuel à la maîtrise de soi.
Déconstruction d'un sophisme fréquent autour du verset du jeûne. L'article montre comment on transforme un cas d'exception en règle générale en isolant un mot de son contexte et en confondant capacité ordinaire et capacité épuisante.
Ce nouveau livre propose une approche méthodique pour déconstruire le sectarisme islamique, à partir d’une distinction fondamentale entre la Révélation comme principe fondateur et l’interprétation comme effort humain faillible. Il retrace la manière dont des conflits politiques se sont transformés en divisions doctrinales, et propose un critère coranique éthique pour éprouver tout discours sectaire.
Le récit d'Adam dans le Coran montre que la première épreuve de la connaissance n'est pas son usage, mais la manière d'affronter l'erreur. Adam, à qui furent enseignés tous les noms, reconnaît sa faute sans se justifier.
L’affaire d’une jeune Marocaine condamnée après une provocation antireligieuse remet en cause nos repères: où s’arrête la liberté d’expression et où commence la provocation identitaire délibérée? Et la prison apaise-t-elle la société, ou aggrave-t-elle la tension?
Pourquoi un homme de gauche social-démocrate défend-il Carrefour Tunisie face à des appels au boycott? Parce qu’attaquer une entreprise tunisienne qui fait vivre des milliers de familles ne frappe ni Israël ni l’occupant: cela affaiblit surtout les travailleurs, les fournisseurs et un tissu économique déjà fragile.
Boycotter Carrefour Tunisie nuit-il réellement à Israël, ou frappe-t-il d’abord des travailleurs et des fournisseurs tunisiens ? Une réponse à plusieurs objections courantes dans ce débat.
La branche tunisienne de Carrefour représente une part infime du groupe mondial. Ce texte montre, chiffres à l'appui, que la colère peut être légitime mais qu'une stratégie de boycott n'est efficace que si elle vise réellement les bons leviers, sans sacrifier au passage les salariés tunisiens.
En réponse à la vague de sarcasmes suscitée par un texte consacré à une assemblée de deuil achourie, l'auteur montre comment les réactions agressives, souvent anonymes, disent davantage la fragilité de ceux qui les formulent qu'elles ne réfutent l'expérience relatée.
Après deux années d'expérimentations individuelles, les grandes entreprises intègrent désormais l'intelligence artificielle dans les outils quotidiens de leurs employés. À partir d'une expérience concrète à Montréal, ce texte défend l'idée que le vrai défi n'est plus technique mais culturel.
Après plus de quinze ans d’écriture publique sur Facebook, l’auteur explique sa manière d’administrer son espace numérique et rappelle qu’une discussion sérieuse a besoin de limites claires. Supprimer ou bloquer n’est pas censurer la divergence; c’est protéger la qualité du débat.
De la conquête omeyyade aux Aghlabides, aux Fatimides, aux Hafsides puis aux Ottomans, la Tunisie a été façonnée par des dynasties multiples qui ont laissé une identité dense et composite. L’article retrace cet héritage avant de poser, avec ironie, une question contemporaine: que construisons-nous aujourd’hui?
Témoignage d'un sunnite assistant pour la première fois à une assemblée de deuil achourie au Canada. Il y découvre une récitation coranique, un discours religieux et une atmosphère spirituelle qui contredisent bien des stéréotypes et rappellent que ce qui rassemble les musulmans dépasse souvent ce qui les divise.
L'intelligence artificielle n'efface pas les rôles humains dans les équipes numériques : elle les reconfigure. Cet article montre comment l'analyste d'affaires passe de l'exécution à la stratégie, et pourquoi les compétences humaines gagnent en valeur.
Malgré des slogans parfois proches sur la justice ou l'identité, la gauche sociale-démocrate croyante et la droite religieuse conservatrice relèvent en Tunisie de deux visions du monde distinctes. L'écart porte sur l'État, la citoyenneté, les libertés et la source même des droits.
Pourquoi tant de sermons du vendredi n’éveillent-ils ni l’intelligence ni le comportement des fidèles ? Une analyse des dérives du minbar : perte de la centralité coranique, faiblesse argumentative et déconnexion du réel.
Retour sur quatre décennies de conseils religieux et sociaux. L'auteur y décrit une méthode fondée sur l'écoute, l'explication des finalités, l'exposition équitable de la diversité juridique et une recommandation finale guidée par la miséricorde, la justice et l'humilité.
À partir d'un échange avec un physicien à Paris, ce texte pose deux questions: jusqu'où peut-on étendre les lois physiques à un univers incommensurable, et comment articuler la centralité de l'homme dans la vision coranique avec l'insignifiance cosmique de la Terre?
Un quart de siècle d’écriture régulière en religion, pensée et politique finit par produire une véritable cartographie intellectuelle, et non une simple juxtaposition de textes. Réflexion sur l’écriture au long cours et sur l’IA comme alliée du bon auteur.
Quand une majorité se sent menacée par les pratiques d’une minorité, cela dit souvent plus sa fragilité que sa force. Respecter la singularité des autres n’est pas abandonner ses principes, mais honorer un principe plus profond : l’égalité civique.
L’interdiction faite aux femmes d’assister aux enterrements est-elle un principe absolu, ou une appréciation liée à un contexte historique précis ? Le texte montre que la question a toujours fait l’objet de nuances juridiques et d’un lien entre règle et cause.
Ce que l’on voit sur Facebook en Tunisie n’est pas séparé du réel : c’est souvent la version amplifiée de déficits déjà présents dans l’éducation, la culture, l’éthique publique et les habitudes de pensée.
Réflexion sur la transformation des funérailles des célébrités en produit numérique, qui vole à la mort sa dignité et au deuil sa sincérité. Le texte interroge l'écart entre l'adieu d'un inconnu et celui d'une star exposée au spectacle permanent.
Pourquoi les moments de deuil se transforment-ils dans l'espace arabe numérique en scènes de règlement de comptes politiques? À partir de la mort de Ziad Rahbani, ce texte réfléchit à la frontière entre critique légitime et exploitation d'une disparition.
Beaucoup s’indignent du siège et de la famine à Gaza tout en attaquant ceux qui prétendent réellement s’y opposer. Une réflexion sur le divorce entre émotion, analyse et cohérence politique.
Lorsque le Prophète résume l'islam en trois mots — crois en Dieu, puis tiens-toi droit — il ne donne pas un slogan, mais un programme de vie. Cet article revient sur la profondeur de cette formule.
À l'heure des plateformes saturées de paroles, ce texte relit le hadith prophétique sur la responsabilité du langage. Pourquoi le Prophète relie-t-il la parole à la foi et au Jour dernier ?
À l'époque des grandes mutations et des conflits complexes, beaucoup jugent trop vite. Cet article propose une éthique de la patience cognitive pour analyser les événements avant de prendre position.
Pourquoi le Coran insiste-t-il pour dire de plusieurs prophètes qu’ils sont les « frères » de leur peuple, même lorsque ce peuple refuse de croire ? Cette récurrence éclaire une vision de la prophétie fondée sur l’appartenance, la sollicitude et la miséricorde.
Deux types de questions sur le chiisme s'opposent: celles du sectaire, qui cherchent d'abord l'accusation, et celles de l'intellectuel, qui cherchent la compréhension. Ce texte montre que la manière de questionner parle souvent davantage du questionneur que de l'autre.
Quand on présente le rappel des valeurs morales comme un luxe déplacé en temps de crise, il faut poser la vraie question : que restera-t-il du Coran si l’on sépare le religieux de son exigence éthique ?
Certains livres ne nous livrent pas seulement des idées : ils nous apprennent une méthode. Ce livre de Munir Shafiq m’a ouvert à la comparaison intellectuelle, à l’examen des écarts, et à la nécessité de sortir d’une seule grille de lecture.
L’héritage zaytounien est une richesse réelle. Mais lorsqu’on transforme l’identité ash‘arite-malékite en barricade contre toute question et tout dialogue, cette richesse peut devenir une prison.
Analyse du sophisme de l'homme de paille dans les débats confessionnels et politiques arabes. Réduire un courant entier à ses voix les plus marginales permet de le caricaturer, mais empêche toute compréhension réelle. Le texte plaide pour un débat fondé sur les arguments les plus solides de l'autre.
À chaque Achoura, certains relancent en Tunisie une campagne contre les chiites au nom de la protection de l’islam sunnite zaytounien. Mais une identité sûre d’elle-même a-t-elle besoin de craindre une si petite minorité ?
La Tunisie souffre d'une crise intellectuelle transversale, où conservateurs, gauches idéologiques et centristes autoproclamés se rejoignent souvent dans la faiblesse des outils critiques et dans le refuge dans des schémas populistes. Ce texte en explore les causes et les issues possibles.
Pourquoi la Tunisie post-2011 n'a-t-elle pas fait émerger une véritable élite politique? Ce texte distingue la pseudo-élite, riche en diplômes mais pauvre en projet, de l'élite réelle, qui possède vision, capacité de conduite et sens du compromis.