Le texte part d’une tension coranique bien connue: tout est dit venir de Dieu, mais certaines epreuves sont dites venir de l’etre humain lui-meme. Comment tenir ensemble ces deux affirmations?
En s’appuyant sur Tabatabai et Muhammad Husayn Fadl Allah, l’auteur explique que la difference tient a l’angle sous lequel on parle. Du point de vue de la creation globale, tout vient de Dieu, qui est la source de l’existence et des lois du monde. Mais du point de vue moral et existentiel, l’etre humain peut attirer sur lui certaines consequences par ses propres choix.
La “mauvaise chose” n’est donc pas un mal pur qui aurait Dieu pour origine directe au sens d’une initiative arbitraire. Elle devient mauvaise relativement a la personne qui la subit parce qu’elle contredit ce qu’elle recherche, et elle peut etre la consequence d’un mauvais usage de la liberte dans un monde regi par la causalite.
Cette lecture permet de conserver a la fois la souverainete divine et la responsabilite humaine. Elle degage aussi le Prophete de toute causalite magique dans les malheurs qui atteignent les gens: sa mission est de transmettre, non de produire les evenements.