Une question revient souvent: quel est le sort, devant Dieu, de ceux qui ne sont pas musulmans aujourd’hui? Le texte rappelle que beaucoup de debats sur ce sujet s’eloignent des criteres coraniques d’equite et se transforment en obsession du jugement au lieu d’une preoccupation pour la guidance.
La condition d’un message clair
Le Coran indique que la responsabilite ne repose pas simplement sur le fait d’avoir entendu parler de l’islam. Elle suppose que l’appel soit parvenu de facon claire, sans ambiguite, sans brouillage et dans une forme comprehensible pour celui qui le recoit.
Le sens du “bayane” n’est pas purement formel. Il implique de parler aux gens dans une langue qu’ils comprennent vraiment, avec un registre adapte, et d’exposer l’islam d’une maniere convaincante et fidele.
Le verset decisif
Le verset de la sourate An-Nisa qui parle de l’opposition au Messager apres que la guidance soit devenue claire fixe un point central: l’opposition punissable vient apres l’eclaircissement du vrai, non avant lui.
Autrement dit, il ne suffit pas qu’un nom, une etiquette ou une image deformee de l’islam atteigne quelqu’un. Il faut que la guidance lui soit apparue comme guidance.
Une lourde responsabilite pour les musulmans
Cette lecture deplace donc la question. Avant de speculer sur le jugement des autres, les musulmans devraient se demander s’ils ont reellement traduit, explique et incarne leur religion de facon lisible pour l’humanite.
Les mauvaises presentations de l’islam, les discours repoussants et les comportements contraires a son ethique peuvent devenir autant d’ecrans qui empechent la verite d’etre vue.
La conclusion est exigeante: si la guidance claire est la condition de la responsabilite, alors notre propre responsabilite consiste a rendre cette guidance claire.