Ma demission d’Ennahdha: dix causes organisationnelles, pas un simple desaccord politique

Toutes les sorties d’un mouvement ne relevent pas d’une rupture ideologique spectaculaire. Parfois, le probleme est plus profond et plus quotidien: l’organisation elle-meme cesse de permettre une vie intellectuelle saine, une parole libre et une correction reelle de ses propres dysfonctionnements.

L’auteur explique que sa demission n’est pas nee d’un desaccord passager, mais d’un cumul de defauts structurels. Une choura videe de sa substance, un retrecissement de la liberte de penser, l’absence de reelle evaluation, la difficulte a contester sans etre suspecte, et l’usage du poids organisationnel pour discipliner les voix divergentes ont fini par rendre le maintien impossible.

Quand rester devient une caution silencieuse

Le point decisif n’est pas seulement l’existence de defauts. Toute structure humaine en a. Le point decisif est l’incapacite a les reconnaitre et a creer les mecanismes qui permettent de les corriger. Quand l’inertie s’installe, le simple fait de rester peut devenir une participation silencieuse a la reproduction de l’erreur.

Dans ce cadre, partir n’est plus necessairement un geste de colere. Cela peut devenir une decision morale.

Conclusion

Ce temoignage interesse au-dela du cas d’Ennahdha. Il pose une question plus generale: comment distinguer la fidelite a un projet de la fidelite a un appareil? Et a quel moment la sortie devient-elle la seule maniere honnete de ne plus cautionner le dysfonctionnement?