Le choc migratoire et la reconstruction de l’identite
L’emigration ne deplace pas seulement un corps d’un pays a un autre. Elle deplace aussi les certitudes, les habitudes et l’image que l’on se fait de soi. Le choc migratoire oblige a regarder ce que l’on croyait etre des valeurs acquises, pour decouvrir qu’une partie d’entre elles n’etaient parfois que des slogans confortables.
Vivre au Canada a appris a l’auteur que l’identite ne se preserve ni par dissolution dans l’autre, ni par fermeture orgueilleuse derriere des formules de superiorite. Elle se reconstruit dans un espace plus difficile: celui de la lucidite. Il faut apprendre a se critiquer sans se hair, a reconnaitre les forces d’une societe d’accueil sans s’y perdre, et a voir les faiblesses de son propre heritage sans renier ses racines.
Une identite plus honnete
Le quotidien de l’emigration revele l’ecart entre les valeurs que l’on proclame et les comportements qu’on incarne reellement. Cette decouverte est parfois douloureuse, mais elle peut devenir liberatrice. Elle pousse a reconstruire l’identite sur une base moins rhetorique et plus ethique.
L’identite mature n’est pas un slogan de camp. C’est une composition active entre memoire, principes, experience et revision de soi.
Conclusion
Le choc migratoire peut detruire des illusions, mais il peut aussi produire une identite plus profonde. Non pas une identite affaiblie, mais une identite qui cesse de se proteger par la mythologie et commence a se construire par la verite.