La haine politique entre courants: le cas tunisien
La polarisation tunisienne n’a pas seulement oppose des projets politiques. Elle a peu a peu fabrique une haine reciproque, ou chaque camp a cesse de voir l’autre comme un adversaire a convaincre pour le considerer comme une menace a neutraliser. Dans ce climat, la democratie elle-meme devient secondaire.
L’article decrit la maniere dont l’heritage historique du conflit entre islamistes, gauche et destouriens s’est transforme en energie negative durable. Chaque courant a fini par croire qu’il pouvait instrumentaliser une conjoncture de pouvoir contre ses rivaux, sans comprendre qu’une fois la logique de deshumanisation installee, personne n’en sort indemne.
Quand l’adversaire cesse d’etre un citoyen
Le basculement decisif se produit lorsque le langage politique change de nature. On ne critique plus seulement une idee, une decision ou un programme. On delegitime l’existence morale et nationale de l’autre. A partir de la, l’exclusion cesse d’apparaitre comme un abus: elle devient, aux yeux des camps, une mesure necessaire.
Cette logique a mine les defenses democratiques. Un systeme pluraliste ne peut survivre si ses acteurs principaux se percoivent mutuellement comme des ennemis absolus.
Conclusion
Le cas tunisien rappelle qu’aucune transition democratique ne tient durablement si les courants qui la traversent cultivent la haine plus que la concurrence loyale. L’enjeu n’est pas de nier les desaccords profonds, mais d’empecher qu’ils se transforment en guerre morale permanente.