﴿إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّىٰ يُغَيِّرُوا مَا بِأَنفُسِهِمْ﴾ — Dieu ne changera pas l’état d’un peuple, tant que celui-ci ne changera pas ce qui est en lui-même. (Sourate Al-Ra’d, 13:11).

Ce verset n’est pas une simple directive religieuse, mais l’énoncé d’une loi civilisationnelle universelle : la réforme de la réalité commence par la réforme de la structure qui la produit, et non par la seule aspiration à la changer.

La réalité extérieure de toute société est le reflet de sa structure intérieure. Si les idées, les valeurs, les comportements et les institutions restent inchangés, les résultats resteront identiques. Mais si les causes internes se transforment, les lois divines dans la création exigent que les résultats se transforment en conséquence.

La réalité n’est pas le fruit du hasard. Là où règnent l’ignorance, la corruption, la paresse, le despotisme, la peur, l’absence de confiance et la faiblesse des institutions, le résultat naturel sera le sous-développement — quelles que soient les aspirations.

« Ce qui est en eux-mêmes »

Cela ne désigne pas seulement les sentiments ou les intentions. Cela englobe tout ce qui constitue la structure interne de la société :

  • Le système d’idées.
  • Les valeurs et l’éthique.
  • La culture dominante.
  • La manière de penser.
  • Le niveau de savoir.
  • Les comportements individuels et collectifs.
  • Les institutions de la société.
  • Les modes de travail et de production.

Autrement dit, « les âmes » (al-anfus) représentent ici le système intérieur qui produit la réalité.

﴿وَأَن لَّيْسَ لِلْإِنسَانِ إِلَّا مَا سَعَىٰ.. وَأَنَّ سَعْيَهُ سَوْفَ يُرَىٰ﴾ « L’homme n’obtiendra que ce vers quoi il aura tendu, et son effort lui sera montré. » (Al-Najm, 53:39-40).

La prière et l’attente seules ne suffiront pas, sans effort ni action. Le changement n’adviendra pas si l’on ne le recherche pas.