Le Coran parle de ceux qui “preferent les autres a eux-memes, meme lorsqu’ils sont dans le besoin”. A partir de cette idee, le texte propose une lecture fine de l’altruisme. Il refuse de le reduire soit a un egoisme bien deguise, soit a une simple pitie exercee depuis une position de superiorite.
Dans la premiere reduction, autrui n’est qu’un moyen de se sentir bien ou de soigner son image. Dans la seconde, il n’est qu’un etre inferieur auquel on accorde une aide descendante. Dans les deux cas, le centre demeure le moi.
La perspective coranique dessine autre chose. Donner “pour la Face de Dieu” et sans attendre ni recompense ni remerciement signifie sortir de la logique de l’echange et du retour sur soi. Le bien n’est plus un investissement affectif ou symbolique. Il devient une maniere d’habiter le monde selon la justice, la misericorde et la reconnaissance de la dignite egale d’autrui.
L’auteur insiste sur un point important: voir l’autre comme un etre plein, porteur d’une profondeur, d’un droit au bien et d’une valeur irreductible. Aider alors ne revient plus a jouer au sauveur. C’est reconnaitre que nous appartenons a un meme horizon moral.
Dans cette optique, l’altruisme n’est pas l’effacement maladif de soi. Il ne demande pas que l’un demeure toujours a zero pour que l’autre soit a cent. Il consiste plutot a sortir de la logique “moi d’abord” pour penser le bien comme un espace partage.
Conclusion
Le vrai ithar est donc un acte de reconnaissance avant d’etre un sacrifice. Il commence quand l’autre est regarde non comme une occasion d’heroisme personnel, mais comme une personne ayant, comme nous, droit au bien, a la dignite et a la consideration.