Le bonheur est un équilibre intérieur entre les désirs, la capacité à s’ajuster au réel, et un sentiment de sens et de satisfaction.
À première vue, on pourrait croire que le bonheur suppose l’absence d’obstacles. L’expérience humaine suggère pourtant le contraire.
La résilience psychique
Les recherches récentes en psychologie positive montrent que certaines personnes parviennent à trouver des moments de bonheur même dans des conditions difficiles, en réinterprétant la souffrance, ou en se concentrant sur ce qui reste possible au lieu de s’absorber dans ce qui manque.
Le sens à l’intérieur de la douleur
Viktor Frankl, psychiatre et survivant des camps nazis, a montré dans Man’s Search for Meaning que l’être humain peut trouver une forme singulière de bonheur jusque dans les circonstances les plus dures, dès lors qu’il confère à sa vie un sens plus profond.
Les petites doses de bonheur
Le bonheur n’est pas un état continu. Il est souvent fait d’instants dispersés: le sourire d’un enfant, une petite réussite, une relation humaine chaleureuse, un sentiment d’accomplissement.
Accumuler ces instants peut constituer un fond de satisfaction même au milieu des crises.
La dimension spirituelle
Dans des environnements saturés de frustration, certains trouvent dans la prière, le rappel de Dieu ou la méditation un moyen de produire de la paix intérieure et de se soustraire, au moins partiellement, au tumulte extérieur.
Le bonheur ne réside donc pas dans l’absence de difficultés, mais dans la manière de se tenir face à elles.
Un individu peut connaître une part de bonheur au coeur des tempêtes:
- s’il le redéfinit loin de la possession ou du contrôle total des circonstances;
- s’il le relie au sens, à la gratitude et aux petits instants qui raniment l’âme.
Le bonheur dans l’héritage islamique
Dans l’héritage islamique, on emploie souvent davantage les notions de quiétude, de réussite spirituelle et de satisfaction que le mot bonheur lui-même. Ces termes portent une profondeur plus grande qu’un simple agrément passager.
La satisfaction comme choix: ceux qui vivent avec une forme de bonheur malgré les épreuves ne sont pas ceux qui échappent aux épreuves, mais ceux qui apprennent à accepter ce qui ne peut être changé tout en agissant là où une transformation est possible. Cet équilibre rejoint ce que la psychologie appelle parfois le bien-être subjectif.
Conclusion
Le bonheur n’est pas une destination à atteindre. C’est une manière de marcher.
Et choisir le bon chemin suppose de choisir aussi la référence à partir de laquelle on évalue ce que l’on vit.
Le bonheur face à la douleur
La question la plus difficile n’est pas seulement: comment être heureux? C’est plutôt: le bonheur est-il possible au coeur d’une douleur réelle?
La réponse proposée à la fois par certaines recherches contemporaines et par l’héritage spirituel islamique semble convergente: oui, mais à condition de redéfinir le bonheur. Il ne consiste pas à faire disparaître la douleur, mais à trouver du sens à l’intérieur d’elle. Ce que l’islam appelle rida et ce que la psychologie nomme parfois croissance post-traumatique pointent vers une même vérité.