Reconnaître ses manques sans se mépriser

Je suis un être humain qui se trompe et qui réussit parfois. Je ne suis pas une personne parfaite. Je ne suis ni un ami idéal, ni un frère idéal, ni un mari idéal, ni un père idéal, ni un collègue idéal, ni un citoyen idéal, ni même un croyant idéal.

Mais je possède un esprit éveillé, attentif, qui ne me laisse pas sombrer longtemps dans la négligence.

J’ai aussi un esprit exigeant, presque épuisant parfois, habité par le goût d’apprendre, de découvrir, de comparer, de chercher la vérité, de distinguer l’erreur du juste, de chercher le meilleur et de tirer profit de l’expérience.

Chaque jour de ma vie est pour moi une occasion nouvelle d’apprendre, de développer mes capacités, d’exercer mes compétences et d’échanger avec les autres.

L’estime de soi sans arrogance

Je ne me regarde pas comme le meilleur, et seul un sot le prétendrait. Mais j’ai une haute estime de moi-même, sans arrogance. Je n’aime pas envelopper cette estime d’une fausse modestie. Le verset dit: “Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le.” Je ne fais pas partie de ceux qui étouffent toute estime de soi au nom de formules héritées et mal comprises. Je ne me reconnais pas dans la posture qui consiste à dire: “J’aime les pieux mais je ne suis pas des leurs.” Je me considère plutôt comme l’un des nombreux justes, malgré mes fautes et mes défauts.

L’estime de soi, le respect de soi et l’amour de soi sont, à mes yeux, des instruments psychologiques essentiels dans la vie d’un individu. S’attaquer à l’estime qu’une personne a d’elle-même, qu’elle le fasse elle-même ou que d’autres le fassent pour elle, relève d’une forme de mal.

Se protéger contre le mépris de soi

C’est pourquoi je cherche à me protéger contre la dépréciation de moi-même et contre la diminution de ma propre valeur. Le hadith dit: “Qu’aucun d’entre vous ne méprise sa propre personne.” Et je me protège aussi contre le mépris des autres, selon cette formule prophétique: “Il suffit à un homme, comme mal, de mépriser son frère.”

Ce que j’aime pour moi, je l’aime aussi pour les autres, autant que je le peux.

L’appartenance au groupe

À mes yeux, l’être humain est social par nature. Il n’y a donc pas de vie qui ait du sens sans coopération avec les autres. Je pense même que le besoin fondamental de l’individu, parmi tous les autres besoins, est d’appartenir à un groupe et d’y éprouver de la valeur, de l’importance, de l’estime, du respect et de l’affection. Ce groupe n’est jamais unique: il prend des formes multiples.

Ce besoin d’être reconnu, aimé et estimé dans une communauté est vital. C’est une condition du développement physique, mental et spirituel. L’être humain en est nourri à travers le lien à la mère, puis aux parents, à la famille, aux proches, aux voisins, aux amis, aux collègues, à l’école, au club, à la relation amoureuse, au mariage, à l’association, à l’organisation, au parti, au travail, et à tant d’autres cercles d’appartenance.

Le sens de la vie

Par conséquent, toute personne, quelle que soit sa place dans le groupe ou dans la société, si elle cherche un sens juste à son existence, ne le trouvera qu’en contribuant positivement à la vie des autres. Elle commet une grave erreur si elle croit pouvoir trouver ce sens à distance des autres.

Pour moi, le sens de la vie consiste à poursuivre mon intérêt pour les gens et pour leurs intérêts, parce que je suis une partie inséparable de la société. Ma contribution compte dans la prospérité du groupe, comme la contribution du groupe compte dans mon équilibre personnel et dans mon propre bien-être.