Au milieu du vacarme autour des dossiers Epstein, une autre nouvelle grave risquait de passer presque inaperçue: un tribunal federal americain a condamne Wissam Sharief, fondateur de la plateforme Quran Revolution, a 80 ans de prison apres sa condamnation dans des affaires d’exploitation sexuelle de mineurs.
Les faits essentiels
Le jugement a ete prononce par un tribunal federal en Alabama, apres que l’accuse a reconnu sa culpabilite sur plusieurs chefs federaux. Le dossier mentionne aussi une indemnisation imposee au profit d’un fonds de soutien aux victimes d’agressions sexuelles sur enfants. Des elements numeriques, des echanges via applications de messagerie chiffrées et d’autres pieces ont ete integres a l’enquete. Une complice dans l’affaire avait deja recu auparavant une peine tres lourde.
Wissam Sharief travaillait comme enseignant du Coran en ligne et avait collabore auparavant avec plusieurs organisations musulmanes en Amerique du Nord.
Pourquoi beaucoup seront tentes de se taire
Je comprends que cette affaire soit douloureuse pour beaucoup de musulmans. L’hesitation a en parler vient souvent d’une intention honorable: eviter d’alimenter l’islamophobie ou de salir l’image de l’enseignement coranique.
Mais cette logique est renversee. Se taire sur des crimes commis sous la couverture d’un role religieux ne protege pas l’islam. Cela humilie au contraire ce qu’il pretend incarner. Une institution n’est pas defendue quand elle cache les victimes pour sauver sa reputation; elle est defendue quand elle place la verite et la protection des faibles au-dessus de son image.
La lecon a tirer
D’abord, l’exploitation des positions religieuses pour construire une relation de confiance avec des victimes est une possibilite documentee dans toutes les traditions religieuses. Le reconnaitre n’est pas une attaque contre la religion; c’est une condition elementaire de lucidite.
Ensuite, les plateformes d’enseignement du Coran et plus largement d’education religieuse en ligne ont besoin de protocoles stricts comparables a ceux qu’on exige des institutions educatives: verification des antecedents, supervision, traces des interactions, regles claires de signalement et procedures de protection des mineurs.
Enfin, le silence envoie un signal desastreux: il laisse entendre que la reputation de l’institution compte davantage que les enfants abuses. C’est exactement ce qui permet aux predateurs de durer.
Le Coran n’a pas ete revele pour servir de couverture a un crime. En parler clairement, c’est se tenir en verite du cote des victimes et du cote du texte sacre lui-meme.