Certaines réactions que j’ai lues tardivement sur quelques pages ne réfutent pas mon article. Elles en confirment plutôt la nécessité.
Quand quelqu’un te traite, sur un ton moqueur, de “maître pistache”, ou te suggère que tu prends les gens pour des naïfs simplement parce que tu as partagé une expérience spirituelle simple et paisible, cela n’enlève rien à la valeur de cette expérience. Cela révèle surtout l’ampleur de la fragilité de ceux qui ne supportent plus que d’autres regardent le monde depuis un autre angle.
Le problème n’est ni le chiisme, ni le deuil, ni le Coran, ni même la conférence. Le problème est une mentalité qui ne voit pas les gens tels qu’ils sont, mais tels qu’elle voudrait qu’ils soient: soit des copies conformes de ses réactions et de ses slogans, soit des suspects, des ignorants ou des naïfs.
Ce qui étonne davantage encore, c’est que certains auteurs de ce type de commentaires se cachent derrière des profils anonymes ou gris, sans nom réel, sans visage connu, sans véritable existence sociale perceptible. On ne sait rien d’eux dans le réel, ils ne partagent presque rien de sérieux sur leur vie ou leurs positions, et pourtant ils se permettent d’évaluer les autres avec un langage de mépris, comme s’ils détenaient une certitude absolue en matière de compréhension et de croyance.
Plus étrange encore: ces mêmes comptes demandent parfois à vous ajouter, multiplient les mentions “j’aime” sous vos publications, puis guettent l’occasion de déverser ailleurs leur sarcasme étouffé. Cela exprime moins une position intellectuelle qu’une psychologie déchirée entre l’admiration et la jalousie, le désir de proximité et l’envie de défiguration.
Ce discours, malgré son vacarme, se dénonce de lui-même. Il confond une expérience personnelle avec un prétendu “danger chiite”, réduit les gens à des intentions supposées malveillantes, et imagine que la seule compréhension correcte appartient à son propre camp. Toute sortie de ligne devient alors complicité, trahison ou naïveté.
Celui qui n’arrive pas à lire une expérience simple sans convoquer le lexique des traîtres, des ignorants et des dupes n’a peut-être pas un problème avec l’article, mais avec l’idée même qu’il puisse exister un autre visage de la vérité.
Et, soit dit en passant: j’aime les pistaches, surtout iraniennes.
Ce que dit la moquerie
Répondre par la dérision à une expérience spirituelle paisible en dit plus sur l’auteur de la moquerie que sur la personne visée. Celui qui ne dispose pas d’outils pour affronter une expérience religieuse différente recourt à la diminution. C’est souvent une défense contre une fragilité intérieure.
Assister à une assemblée de deuil achourie relevait, pour moi, d’une démarche de présence et de compréhension. Ce n’était ni une reddition, ni une approbation inconditionnelle de tout ce qui s’y dit ou s’y fait. La différence entre assister pour comprendre et adhérer doctrinalement reste invisible à ceux qui s’enferment dans des oppositions binaires.
Conclusion
Une expérience spirituelle paisible n’a pas besoin d’être sauvée par l’agitation. Elle a besoin d’un témoin honnête. C’est ce que j’ai essayé d’être.
Ce débat m’aura au moins appris ceci: lorsqu’un auteur est surnommé “maître pistache” pour avoir simplement raconté une expérience calme, cela en dit davantage sur celui qui l’insulte que sur celui qui écrit.