Quatorze questions critiques avant de partager une vidéo

Vérifier la source, le contexte et la qualité technique peut aider considérablement à distinguer l’information fiable de la désinformation.

Avant de relayer une vidéo virale, il existe une série de questions critiques qui peuvent en révéler la fragilité ou la falsification.

Prenons par exemple une vidéo prétendant montrer un crime confessionnel en Syrie.

1. La vidéo est-elle vraiment récente ?

2. Est-elle authentique, ou tirée d’un film, d’un montage ou d’une mise en scène ?

3. Est-elle complète, ou seulement un extrait coupé ?

4. Le son est-il clair, intelligible et utile pour comprendre ce qui se passe ?

5. Quelle est la source de la vidéo ?

Est-elle identifiable, crédible, connue ? A-t-elle déjà diffusé de fausses informations ?

6. Le contexte est-il clair ?

La vidéo explique-t-elle réellement l’événement ? Fournit-elle des indices de lieu, de date ou de situation ?

7. Qui sont les personnes ou les groupes visibles ?

Portent-ils des signes, symboles ou indices cohérents avec ce qui est affirmé à leur sujet ?

8. Peut-on vérifier la vidéo par d’autres voies ?

Existe-t-il des rapports médiatiques fiables, des témoignages recoupés ou des sources indépendantes qui la confirment ou la démentent ?

9. Quelle est la qualité de l’image et du son ?

Une mauvaise qualité facilite souvent la manipulation. Y a-t-il des décalages entre l’audio et l’image ?

10. Les détails visuels confirment-ils l’affirmation ?

Les bâtiments, vêtements, accents, plaques, ombres ou éclairages correspondent-ils vraiment au lieu ou à l’époque annoncés ?

11. Y a-t-il contradiction entre la vidéo et le récit qui l’accompagne ?

Les commentaires, légendes ou textes ajoutés disent-ils plus que ce que la vidéo permet réellement d’établir ?

12. Le moment de diffusion est-il suspect ?

La vidéo apparaît-elle au moment opportun pour attiser une émotion, une haine ou une controverse politique ?

13. Peut-on utiliser des outils techniques ?

Une recherche inversée, une vérification d’images fixes ou un outil spécialisé peut-il en tester l’authenticité ?

14. Y a-t-il des éléments étranges ou illogiques ?

Certaines scènes semblent-elles hors contexte ? Le montage présente-t-il des coupures, ajouts ou incohérences visibles ?

Conclusion

Ces quatorze questions peuvent sembler nombreuses, mais elles deviennent vite une habitude mentale. Une société qui apprend à vérifier avant de partager se protège elle-même contre les dégâts de la désinformation.