L’arabe comme decision: quand la langue cesse d’etre un heritage automatique

Dans les pays arabes, nous avons souvent tendance a croire que la langue se transmet d’elle-meme. On nait a l’interieur d’elle, on grandit avec elle, et l’on suppose qu’elle demeurera vivante sans effort. L’emigration brise cette illusion. Elle apprend que la langue ne reste vivante que si elle devient une decision.

L’auteur raconte ce moment discret mais decisif ou, deux ans apres son installation au Canada, il s’est surpris a penser en francais a propos d’une question religieuse. Ce n’etait ni spectaculaire ni dramatique. C’etait une phrase. Mais cette phrase a revele que le glissement linguistique peut commencer en silence, sans avertissement.

Quand la langue devient un choix

A partir de la, la question n’est plus sentimentale mais existentielle: que reste-t-il de nous lorsque notre langue centrale recule au point de devenir un simple souvenir affectif? Preserver l’arabe ne signifie pas refuser les autres langues. Cela signifie refuser la dissolution paresseuse, le remplacement silencieux, la facilite qui finit par redessiner la pensee.

L’experience quebecoise eclaire cela d’une maniere particuliere. Une societe peut apprendre d’autres langues et les respecter, tout en refusant qu’elles avalent sa langue structurante. La langue n’est pas seulement un moyen de communication. Elle porte une memoire, une hierarchie des significations, une maniere de voir le monde.

Conclusion

L’arabe ne demeure pas vivant parce qu’on l’aime en principe, mais parce qu’on decide de le lire, de l’ecrire, de le parler et de le transmettre. En contexte migratoire, cet engagement cesse d’etre culturellement automatique. Il devient un acte conscient de fidelite a soi.