Il existe des croyants qui se réjouissent des incendies en Californie et à Los Angeles, en les qualifiant de “châtiment divin” contre l’Amérique.

À ceux qui pensent ainsi, il faut rappeler un fait simple: ces incendies ont aussi détruit des dizaines de maisons appartenant à des musulmans américains, ainsi que des mosquées et des centres islamiques que ces communautés ont mis des années, parfois des décennies, à construire. Les images et les témoignages circulent largement.

Une contradiction invisible pour certains

Comment le feu serait-il un châtiment divin lorsqu’il atteint des Américains, mais cesserait-il de l’être lorsqu’il réduit en cendres des mosquées musulmanes dans le même désastre?

Cette contradiction montre que ce “raisonnement du châtiment” ne relève pas d’une pensée théologique sérieuse. Il relève plutôt d’une émotion vindicative qui cherche un récit religieux pour justifier sa satisfaction.

La jubilation devant le malheur n’est pas une vertu islamique

En islam, la shamâta, c’est-à-dire la joie mauvaise devant le malheur d’autrui, est réprouvée, même lorsqu’il s’agit d’un adversaire. Le Prophète a explicitement mis en garde contre cette attitude: ne te réjouis pas du malheur de ton frère, de peur que Dieu ne lui fasse miséricorde et ne t’éprouve à ton tour.

Et lorsqu’une catastrophe emporte des civils innocents, parmi lesquels se trouvent aussi des musulmans, s’en réjouir revient à se réjouir de l’épreuve de ses propres coreligionnaires avant même de se réjouir du malheur d’autrui.

Conclusion

La sagesse impose de réfléchir avant de prononcer des jugements définitifs, et parfois de se taire lorsque l’esprit n’a pas de lecture juste à proposer. La jubilation devant la catastrophe n’est pas une position religieuse. C’est une pulsion humaine que la foi devrait discipliner, non habiller d’un langage sacré.