La virilité n’est pas dans le fait de demander à Dieu d’envoyer des incendies contre l’Amérique.
La virilité consiste à développer ses propres capacités, et celles de son pays, pour qu’il devienne un acteur capable de résister aux projets des autres sur sa propre terre.
Invoquer le malheur d’autrui : une compréhension renversée de la confiance en Dieu
Dieu n’agit pas par procuration pour les misérables, les paresseux, les endormis, les incapables ou les ignorants. Dieu entend, voit, et jugera chacun au Jour dernier selon ses œuvres.
Cela ne signifie pas qu’on mette en doute Sa puissance. C’est, au contraire, une manière juste de comprendre les lois qu’Il a inscrites dans le monde : Dieu ne transforme pas la condition d’un peuple tant que ce peuple ne commence pas par se transformer lui-même.
Appeler de ses vœux un châtiment contre autrui, surtout lorsqu’il s’agit d’un discours nourri de jubilation malsaine, n’appartient pas à la culture de l’islam lorsqu’elle appelle au travail, à la construction et à la prise des moyens. Cela relève plutôt d’une culture de l’impuissance, recouverte du vocabulaire du religieux.
Ce que l’islam permet réellement
L’islam autorise la supplication contre l’oppresseur lorsque l’injustice est réelle et avérée. Mais il n’autorise ni la réjouissance devant le malheur, ni la célébration des catastrophes qui frappent des civils, quels qu’ils soient. Parmi eux, il peut y avoir des innocents, des faibles, des croyants, des gens sans défense.
Cette distinction est importante : condamner une politique, un impérialisme ou une agression n’oblige jamais à perdre le sens moral.
La virilité comme responsabilité, non comme posture émotive
Celui qui vit dans une société affaiblie, en retard ou désorganisée, puis consacre son énergie à souhaiter la ruine d’une puissance étrangère au lieu de travailler à relever son propre monde, choisit un soulagement psychologique au détriment de la responsabilité.
La virilité, dans la perspective islamique comme dans la sagesse humaine la plus élémentaire, ne consiste pas à hausser le ton ni à se draper dans la colère. Elle consiste à porter une charge, à construire une capacité, à agir là où l’on a une prise réelle.
Conclusion
Celui qui veut changer l’équilibre des forces dans le monde doit commencer par lui-même, puis par son pays. Et celui qui n’en est pas encore là devrait, à tout le moins, se garder de la schadenfreude pieuse.