Le rappel de l’isra et du miraj est souvent accompagne, dans la culture populaire, d’un ensemble de details devenus presque intouchables dans les esprits. Le texte propose de distinguer entre ce que dit reellement le Coran et ce que l’imagination religieuse a ajoute ensuite.

Selon cette lecture, le Coran affirme clairement l’isra, mais ne donne pas toutes les details spectaculaires souvent repetees dans les recits pieux. Beaucoup de scenes devenues celebres relevent davantage d’une imagination nourrie par des traditions tardives que d’un texte coranique explicite.

L’auteur ne nie pas l’evenement de l’isra. Il affirme meme qu’un croyant peut l’accepter avec soumission, que cela ait eu lieu de maniere corporelle, visionnaire ou par un mode de deplacement qui nous echappe. En revanche, il refuse les representations qui donnent de Dieu une image anthropomorphique ou qui accumulent des tableaux juges incoherents.

Concernant le miraj, le texte estime qu’il ne trouve pas d’ancrage clair dans le Coran, et que certaines lectures de la sourate An-Najm ne suffisent pas a l’etablir comme on le fait couramment.

L’enjeu de cette critique n’est pas de nier le sacre, mais de purifier le discours religieux des ajouts qui le rendent intellectuellement faible et qui deforment l’image de Dieu et de la revelation.