Le point de depart est un verset sur l’apostasie: au lieu de parler d’une foi plus argumentee ou d’une certitude plus forte, le Coran dit que Dieu fera venir des gens qu’Il aime et qui L’aiment. Le texte en tire une these claire: le probleme de la chute n’est pas seulement dans l’intellect, mais dans le coeur.
La raison seule ne suffit pas
L’etre humain n’agit pas uniquement a partir de ce qu’il sait, mais surtout a partir de ce qu’il aime. Une certitude froide, sans amour, admiration, crainte reverencielle et attachement interieur, demeure incomplete et vulnerable.
L’apostasie comme maladie du coeur
Quand quelqu’un prefere ses passions, ses interets, ses appartenances ou son ego a Dieu, le conflit finit par tourner en faveur de ce qu’il aime vraiment. Le texte lit ainsi l’apostasie comme la victoire d’un amour terrestre sur l’amour de Dieu.
Trois portes vers l’amour divin
L’auteur distingue trois entrees majeures.
La premiere est la beaute: tout ce qui frappe le regard, l’ouie ou la sensibilite dans l’univers renvoie a une source unique.
La deuxieme est le bienfait: toutes les faveurs visibles remontent en realite a un seul Bienfaiteur, meme si elles arrivent par des causes multiples.
La troisieme est la grandeur: si l’etre humain est saisi par la puissance, la majeste et l’ampleur, rien n’est plus digne d’amour et de crainte que la grandeur divine.
L’amour comme remede collectif
Le texte relie enfin cette question a la fragmentation des musulmans. Quand l’amour de Dieu se retire, l’amour de soi, des passions et des appartenances prend sa place. C’est de la que naissent divisions, egoismes et dechirements. Guerir les coeurs de ces amours parasites devient alors la condition d’un veritable redressement.