Les grands objectifs pour lesquels l’etre humain a ete cree peuvent se resumer en trois mots: l’unicite divine, la purification de soi et la construction du monde. Le tawhid ordonne la relation a Dieu, la tazkiya ordonne la relation a soi, et l’imran ordonne la relation au monde.
Les branches de la foi comme carte de la tazkiya
Dans le hadith celebre, la foi comporte de nombreuses branches. Ce qui frappe lorsqu’on les contemple, c’est qu’une grande partie d’entre elles ne peut se realiser qu’a travers la vie commune.
L’amour en Dieu, le conseil sincere, la douceur, la veracite, la confiance, la reconciliation, l’hospitalite, le bon voisinage, la misericorde, l’enseignement, l’entraide, la visite du malade, la salutation, le pardon, la charite, l’appel a Dieu: tout cela suppose l’existence d’autrui.
Le croyant isole ne peut donc vivre qu’une partie de sa foi. Plus de la moitie des branches de l’iman demandent un espace relationnel.
La rencontre comme acte de foi
La frequentation des musulmans n’est pas un luxe social. Elle peut devenir un acte d’adoration. Un salut echange, une visite, une main tendue, une parole juste: tout cela entre dans la logique meme de la tazkiya.
La foi grandit quand elle circule entre les personnes. Elle s’appauvrit quand elle se replie sur elle-meme.
Ce qui rend la foi possible devient lui-meme necessaire
Si les branches de la foi constituent un devoir moral, alors les lieux et cadres qui permettent de les vivre prennent eux aussi une valeur forte. Les mosquees, les centres, les espaces de rencontre et d’apprentissage ne sont pas de simples batiments: ce sont des infrastructures de purification, de fraternite et de croissance spirituelle.
Conclusion
L’islam strictement individuel reste incomplet. Le rapport aux autres n’est pas un supplement autour de la foi; il en est l’un des terrains principaux. Le croyant a besoin de la communaute non pour se dissoudre en elle, mais pour y exercer concretement son iman.