Le Prophete a appris aux croyants a rechercher l’excellence dans tout ce qu’ils entreprennent. Le Coran rappelle aussi que l’etre humain sera evalue non seulement sur ce qu’il fait, mais sur la qualite de ce qu’il fait. L’itqan ne concerne donc pas seulement le metier ou la performance visible. Il touche a la foi, a la conscience morale et au sens des responsabilites.
Plusieurs textes convergent dans ce sens. Dieu eprouve les hommes pour voir “qui est le meilleur en oeuvre”. Le Coran ordonne la justice et l’ihsan. Le hadith affirme que Dieu a prescrit l’excellence en toute chose. Et la parole celebre: “Dieu aime, lorsque l’un de vous accomplit une oeuvre, qu’il la fasse avec perfection” donne a cette exigence une portee generale.
Le recit rapporte a ce sujet est tres parlant. Lors d’un enterrement, le Prophete vit une imperfection dans la fermeture d’une tombe et demanda qu’on la corrige. Les gens penserent qu’il s’agissait d’un rite particulier. Il leur expliqua alors que cela ne profitait ni ne nuisait au defunt, mais que Dieu aime que l’homme soigne ce qu’il fait. Le sens est clair: meme une tache apparemment secondaire merite d’etre accomplie proprement.
Qu’appelle-t-on itqan?
Le texte distingue entre itqan et ihsan. L’itqan renvoie davantage a la maitrise concrete de l’acte. L’ihsan designe une qualite interieure plus large qui produit ensuite cette maitrise. Pour qu’un travail atteigne au minimum l’itqan, trois conditions doivent etre reunies:
- Il doit etre accompli sans defaut majeur.
- Il doit respecter ses regles, ses normes et ses techniques.
- Il doit etre accompli dans le temps qui lui convient, sans negligence ni retard.
Ce minimum n’epuise pas le sujet. L’excellence admet des degres. Une fois la base acquise, l’etre humain peut encore elever la qualite de ce qu’il fait par l’effort, la discipline et le gout du beau travail.
L’excellence ne se limite pas au domaine professionnel
L’itqan doit etre present dans les actes de culte, la parole, les relations humaines et les responsabilites sociales. Il existe dans la priere bien accomplie, dans les ablutions soignees, dans le jeune vecu avec conscience, dans la bonne recitation du Coran, dans le rapport juste aux parents, dans la qualite de la vie conjugale, dans l’education des enfants, dans le voisinage et meme dans la maniere de saluer.
Autrement dit, l’excellence n’est pas un luxe reserve a quelques specialistes. C’est une forme d’ethique generale. Le croyant ne se contente pas de faire “suffisamment”. Il cherche a bien faire, parce que cela fait partie de sa relation a Dieu et de sa responsabilite envers les autres.
Pourquoi l’excellence manque-t-elle si souvent?
Le texte evoque plusieurs causes: l’ignorance de la valeur de l’itqan ici-bas et dans l’au-dela, la paresse, l’absence de sacralite du travail dans les consciences, le manque d’encouragement, la recherche du gain facile par la tromperie, ainsi qu’une ambiance sociale ou le laxisme devient normal.
Quand le milieu se deshabitue a l’exigence, la mediocrite cesse d’etre percue comme un probleme. On finit par considerer acceptable ce qui est simplement approximatif.
Comment eduquer l’ame a l’excellence?
Le premier levier est la conscience du regard de Dieu. Celui qui sait qu’il sera juge sur ses actes ne traite plus son travail avec desinvolture. Le second levier est la conscience du regard des gens, car nos actes les touchent, les servent ou les desservent. Le texte ajoute encore: avoir un but, fortifier sa volonte, acquerir les connaissances et les competences utiles, faire preuve de patience, apprendre a gouter la satisfaction du travail bien fait et faire de l’encouragement mutuel a l’excellence une culture commune.
Conclusion
L’itqan est une vision de la vie. Il signifie que la foi doit produire de la justesse, du soin, de la ponctualite et de la qualite. Le musulman n’est pas appele a multiplier les actes negliges, mais a donner a chaque acte sa vraie dignite. Bien faire devient alors une forme d’adoration.